Améliorer le tram 55

Pourquoi ?

Nos arguments sont résumés ci-dessous; un argumentaire plus précis et complet avait été réalisé dans le cadre de la réponse à l’enquête publique qui concernait notamment le tracé du projet de métro : Lettre-type-tram55-v5

1) Le tram est accessible

Pour aller de l’extrémité de la ligne (Bordet) au centre de Bruxelles, en heure de pointe, le métro serait plus rapide (au moins par comparaison au tram actuel, non amélioré). Mais pour un trajet plus court, il faudrait plus de temps pour se rendre à une station (il y aurait moins d’arrêts : 7 arrêts de métro au lieu des 13 arrêts du tram 55). De plus, le projet prévoit des stations de métro très profondes, à 30 mètres sous le sol. Il faudrait prendre plusieurs escalators (équivalent de la station Botanique avec 5 mètres en plus). Pour une personne à mobilité réduite, âgée, ou pour les familles avec enfants, les inconvénients sont encore plus importants. Nous ne nions pas que le tram 55 est souvent saturé à l’heure de pointe, et lent en certains endroits : c’est pourquoi nous demandons de l’améliorer, tant en terme de capacité que de régularité. Le tram pose aussi des problèmes en termes d’accessibilité : par manque de quais à certains endroits (ex. place Liedts) ou parce qu’il est trop rempli une partie du temps. Mais c’est pour cela que notre but est d’obtenir l’amélioration de toutes les lignes (capacité, régularité, fréquence…), donc pas seulement sur un axe Nord-Sud précis.

2) Le métro coûterait cher

Construire un métro coûte très cher (budget estimé à 2 milliards d’euros) et il doit être rentabilisé au maximum. Officiellement, un financement est déjà affecté uniquement à ces travaux et ne sera pas pris d’un autre budget, par exemple, il n’empêcherait pas de rénover les rails de trams de toutes les lignes de la STIB sur les prochaines 10 prochaines années… l’argent tombe-t-il parfois du ciel ? Que se passera-t-il en cas d’augmentation du budget ? Le budget de l’Etat étant limité, des choix sont forcément réalisés. Rénover ne suffit pas : beaucoup de lignes doivent être renforcées. Si le budget venait à manquer, comme pour le RER, cela pourrait aussi contribuer à augmenter la durée des chantiers…

3) Construire un métro = nuisances du chantier & risques pour les habitations

Un tunnelier passerait sous de nombreuses maisons, à une profondeur telle que le plafond du tunnel devrait être à un minimum d’environ 12 m par rapport au sol des caves des habitations. C’est plus profond que le tunnel SNCB Schuman-Josaphat, mais celui-ci a occasionné de sérieux dégâts à certains bâtiments, et le cas n’est pas un cas isolé. Il ne semble pas possible de garantir l’absence de fissures et autres dégâts aux bâtiments – les promoteurs parlent seulement de « surveiller » les mouvements de terrain éventuels.

De plus, certaines stations seraient construites en creusant le sol à partir de la surface : de grands trous en perspectives, avec de gros embarras de circulation pendant des mois ou des années…
A certains endroits, une technique de congélation du sol doit être utilisée : en d’autres circonstances, le sol congelé a « gonflé », causant un risque supplémentaire. La place Liedts deviendrait un grand gouffre, en travaux pendant des années…

Pour en savoir plus, voir le plan du trajet projeté

4) Le tram reste une bonne option pour la mobilité et l’environnement

Les pouvoirs publics n’hésitent pas à présenter l’alternative métro comme favorable en matière d’environnement, de changements climatiques… mais la question semble avoir été peu étudiée, les rares chiffres disponibles nous laissent sceptiques. Creuser, bétonner, équiper… est polluant, et émet une quantité substantielle de CO2. Pour que ce soit un bénéfice, il faudrait que la disponibilité du métro résulte en une réduction importante de la circulation automobile, ce qui ne semble pas très probable. Nous voudrions y voir plus clair, et réclamer que les décisions publiques soient prises sur base de dossiers solides, clairs, et publics. D’autres villes ont fait le choix d’étendre leur réseau de tram ! Bruxelles ne peut-il renforcer et améliorer son réseau plutôt que le détricoter ?